L'Association des familles des victimes du Joola a opté pour une «tactique responsable», afin de ne pas entraver le processus de paix qui s'est enclenché dans le pays, notamment en Casamance. Depuis deux ans, «l'association s'est substituée à l'Etat», déplore Babacar Bâ. Cette association d'utilité publique a travaillé sans aucun moyen ou ressource des pouvoirs publics. Elle a, par exemple, effectué le recensement des victimes, des familles des victimes et orphelins, en lieu et place d'une Commission de recensement rattachée au ministère de l'Intérieur qui n'a jamais fonctionné. Les familles éprouvent aujourd'hui un «sentiment d'abandon», particulièrement depuis le mois de juillet dernier, face à un président de la République qui reste sourd à leurs interpellations. Bien que mille deux cent six familles de victimes aient déjà été indemnisées depuis septembre 2003, il en reste encore sept cent vingt. Il s'agit désormais de mettre en place un «schéma d'indemnisation permettant de toucher l'ensemble des ayants droit», explique le porte-parole de l'association. De plus, sur les 20 milliards de francs Cfa promis par l'Etat aux familles, le trésorier des fonds ne dispose à l'heure actuelle que de 18 milliards. ..
